Formation pour les professionnels de la santé mentale
A. Formation à l’application clinique du Five Factor Model (Thérapie Basée sur la Personnalité) (6 heures)
B. Formation à la prise en charge de la personne suicidaire ou présentant des idées noires (6 heures)
« Un patient qui met fin à ses jours ne sera pas présent au prochain rendez-vous ! »
Par conséquent, en présence d’idées suicidaires ou après une tentative de suicide, cette problématique devrait prendre le pas sur toute autre démarche thérapeutique en cours ou envisagée. Nous sommes en présence d’une urgence vitale !
Cette formation a pour objectif de développer des compétences dans la prise en charge des personnes présentant un comportement suicidaire ou des idées noires.
Trois parties en rapport avec les comportements et idées suicidaires seront abordées : Épidémiologie, intervention de crise et prise en charge psychothérapeutique
Les comportements suicidaires sont multidimensionnels et évoluent, le plus souvent, sur une longue période. Leur traitement est complexe et spécifique à chaque personne.
Cette formation, après une courte présentation sur l’état des lieux en Belgique et les données épidémiologiques, abordera les croyances en rapport avec les comportements suicidaires et les prises en charge de la personne en période de crise juste après une tentative de suicide et en psychothérapie.
Des outils d’évaluation du risque suicidaire et d’intervention en situation de crise seront proposés. Différents profils de patients seront présentés, ainsi que leur prise en charge psychothérapeutique, principalement dans un protocole (en quatre étapes) de restructuration cognitive de ces idées noires. Parallèlement et en cours de formation, d’autres thématiques (deuil, médication, dépression, …) seront abordées afin de soutenir le thème principal de cette formation.
Un syllabus vous sera fourni en début de cours.
C. Formation à la pleine conscience (MBSR : Mindfulness-Based-Stress-Reduction ou Réduction du Stress Basée sur la Pleine Conscience)
MBSR (Mindfulness-Based-Stress-Reduction ou Réduction du Stress Basée sur la Pleine Conscience) est le programme fondateur créé par Jon Kabat Zinn en 1979 à l’Université du Massachusetts. Il tire ses origines de deux grands courants : des traditions méditatives orientales (pratique bouddhiste et yoga) et de la science occidentale (médecine et psychologie).
Ce programme se déroule sur 8 semaines, avec un même groupe. Il demande un engagement de la part du participant qui pratique régulièrement la méditation de Pleine Conscience entre les séances.
Cette formation permet un apprentissage et une intégration progressive de la Pleine Conscience à travers des pratiques de méditation à réaliser quotidiennement, associées à des mouvements de yoga, des connaissances scientifiques et des apports issus de la psychologie ou des sciences de la communication.
L’objectif principal de ce programme est avant tout préventif et éducatif. Par une pratique régulière, les participants développent leur autonomie et leur capacité à prendre soin d’eux au quotidien, à trouver un meilleur équilibre et une meilleure qualité de vie.
Le programme de Réduction du Stress Basée sur la Pleine Conscience peut vous aider à :
- aborder la vie avec plus de calme, plus d‘énergie, d‘enthousiasme et une compréhension plus claire ;
- développer votre capacité à aborder plus efficacement les situations stressantes de court terme ou de long terme ;
- accroître votre habilité à aborder la douleur dans ses différentes formes ;
- accroître votre concentration, votre résilience et votre capacité à récupérer plus rapidement après des situations stressantes ou déstabilisantes.
Le programme MBSR se compose de 8 séances collectives hebdomadaires de 2Hrs. Il représente un engagement important de la part des participants à qui il est demandé d’assister à toutes les séances afin profiter au mieux du processus évolutif du programme et de consacrer entre chaque séance environ 45 minutes par jour à l’entraînement personnel.
L’enseignement de la méditation est un point essentiel du programme. Les participants se réunissent en groupe une fois par semaine autour d’un instructeur qui les guide dans leur pratique méditative et les encourage à partager leur expérience. Un manuel est fourni en soutien à la pratique personnelle et des enregistrements audios sont proposés.
Chaque séance inclut des pratiques méditatives formelles et informelles permettant aux participants d’explorer ce qui se passe dans leur corps, de prendre conscience du fonctionnement de leur esprit, de mettre en évidence les schémas habituels de réaction et de développer progressivement une nouvelle façon d’être afin de développer des réponses adaptées aux différentes situations de la vie. Un temps significatif est dédié aux échanges, offrant à chacun la possibilité d’explorer sa propre expérience en étant accompagné et soutenu par l’instructeur.
D. Formation à la gestion des émotions lors d’incidents critiques
Module I (3 Hrs) : Gestion individuelle des incidents critiques. Cette formation propose de pouvoir gérer les émotions autant des patients (par exemple, impliqués dans un incident critique), que des professionnels des soins de santé. Les intervenants en contact avec les patients ont un rôle primordial à jouer dans la prévention des troubles psychologiques (dont le PTSD) pouvant être générés par des incidents potentiellement traumatogènes. De mêmes des outils de prévention (par exemple du burnout) destinés aux intervenants seront proposés. Cette formation répondra à plusieurs questions ; Comment digère-t-on normalement un incident critique ? Quels sont les réactions normales ? Quand deviennent-elles anormales ? Que faire pour les prévenir ? Comment faire quand on ne peut plus les gérer ?
Module II (3 Hrs) : Du débriefing psychologique à l’entretien de groupe.
Les intervenants professionnels peuvent aussi être touchés psychologiquement par certaines interventions, pas seulement par des catastrophes, mais surtout par des micro-incidents qui peuvent s’accumuler tout au long d’une carrière dans les soins d’urgence. Un outil de prévention collective, l’entretien de groupe semi-structuré, est proposé dans cette formation pour prévenir au mieux ces problématiques psychologiques. Cet outil prend en compte l’évolution, depuis quarante ans, de ces techniques d’intervention collective et précoce, en tirant les leçons des problèmes liés aux outils précédemment mis en œuvre (débriefing psychologique, defusing, stress team, …) et en s’appuyant sur les dernières données scientifiques en la matière.
E. Travail sur l’estime de soi et l’affirmation de soi
Une mauvaise estime de soi est l’une des composantes centrales, voire à l’origine, des troubles dépressifs. Mais une mauvaise ES se retrouve souvent dans : Les troubles anxieux (mauvaise ES aggrave le trouble: timidité, phobie sociale, …), les troubles relationnels et de personnalité (mauvaise ES à l’origine du trouble et du maintien), les problèmes alimentaires (mauvaise ES maintien le trouble: boulimie, …), les assuétudes (mauvaise ES maintien le trouble), les traumatismes psychologiques (mauvaise ES chronicise le trouble)
L’intervenant en soins de santé devrait reconnaître les caractéristiques d’une estime de soi problématique et participer à l’amélioration de celle-ci chez son patient. Il doit pouvoir gérer les interactions potentiellement conflictuelles avec les patients ou la famille de ces derniers. De même, il doit pouvoir créer et entretenir de bonnes relations avec les autres intervenants en soins de santé. Mettre en œuvre des techniques d’affirmation de soi, voire de contre-manipulation, peut s’avérer salutaire pour la santé mentale des professionnels des soins de santé et les prémunir, entre autres, du burnout.
Cette formation, basée sur des jeux de rôle, permet d’acquérir les techniques de base de l’affirmation de soi et de la contre-manipulation.
F. Formation à la bonne gestion des médicaments psychotropes par les intervenants en soins de santé
La prescription des médicaments psychotropes soulève de nombreuses questions chez les patients et dans leur entourage. Ces médicaments utilisés pour soulager la souffrance psychique ne sont pas abordés de la même façon que d’autres médications comme les antibiotiques ou les médicaments contre l’hypertension. Chez certains, le médicament est attendu comme une réponse miracle aux difficultés vécues. Chez d’autres, la simple proposition d’un tel traitement engendre des craintes et des réticences extrêmes, qui vont rendre difficile, voire briser, la relation médecin-patient ou psychologue clinicien-patient. De plus, certains professionnels de la santé mentale estiment qu’il est nécessaire de proposer un traitement médicamenteux rapide pour toute problématique psychologique et d’autres s’y opposent fermement.
Les médicaments du psychisme, par leur complexité, restent une source d’incompréhensions et d’inquiétudes, ce qui aboutit à : des malentendus entre patients et praticiens / à des traitements pas ou mal suivis, consommés en excès ou insuffisamment / à des effets secondaires qui auraient pu être évités / Finalement, à une prise en charge incomplète ou inadaptée de la souffrance.
De plus, la consommation de médicaments, et particulièrement de psychotropes, n’a jamais été aussi élevée, particulièrement en Belgique. De plus en plus prescrits, il est essentiel de bien connaître ces médicaments pas toujours prescrits à bon escient. Des patients reçoivent des psychotropes alors qu’ils n’en ont pas (ou plus) besoin, tandis que d’autres qui pourraient en bénéficier ne sont pas traités, parce que le diagnostic adapté n’a pas été porté, ou parce que le traitement est refusé, ou bien encore pris de manière inadéquate. Au total, près de la moitié des prescriptions seraient inadaptées !
La meilleure solution pour limiter ces difficultés se trouve dans un meilleur partage des informations entre praticiens et patients. Une juste information est nécessaire pour que le patient suive au mieux sa médication. C’est d’autant plus vrai à l’heure où internet donne accès instantanément à de nombreuses informations… Brutes, peu compréhensibles, voire fausses. Le patient est aussi soumis à diverses influences idéologiques « antipsychiatriques » (sectes, New Age, parapsychologies, …), et aussi à des témoignages personnels totalement invérifiables.
Le professionnel en soins de santé a un rôle essentiel à jouer dans l’amélioration de cette situation. Il devrait pouvoir :
* Orienter les patients vers un prescripteur de médicaments psychotropes quand c’est nécessaire.
* Informer le patient sur le fonctionnement de son traitement médicamenteux et sur ses objectifs.
* Répondre aux appréhensions du patient (ou de l’entourage) à l’égard des médicaments psychotropes.
* Échanger, avec le patient, sur les caractéristiques de son traitement médicamenteux.
* Accompagner son patient tout au long du traitement.
* Vérifier la compliance du patient au traitement et intervenir si nécessaire.
* Réagir à d’éventuels effets secondaires et rechutes.
* Favoriser la mise en œuvre d’une prise en charge psychothérapeutique en appui du traitement symptomatique des médicaments psychotropes.
G. Formation à l’éthique en santé mentale (3 Heures)
Formation présentant une grille d’analyse éthique. Après une heure de théorie, des exercices concrets sont proposés sur des problématiques éthiques en soins de santé et en santé mentale.
H. Situation de la santé mentale en Belgique francophone, évolution future, une analyse critique (3 Heures)
La Belgique francophone a les plus mauvais indicateurs en matière de santé mentale. Quelles en sont les raisons ? Quelle est l’évolution moderne des pratiques en matière de santé mentale ? Quelles implications auront les nouvelles reconnaissances des professions de psychologue clinicien et de psychothérapeute ? Comment trouver le meilleur intervenant en santé mentale ? Une grille d’analyse éthique est proposée pour guider le professionnel en santé (mentale) face à des questionnements éthiques liés à sa profession.
