1. Thérapie Basée sur la Personnalité (TBP)

Les troubles de la personnalité ou une rigidité particulière sur un trait de personnalité peuvent mettre en échec les thérapies classiques pour de nombreuses raisons. Certains patients sont pris en charge pour une problématique de l’Axe I, mais ne parviennent pas à progresser au cours de la thérapie ou ils rechutent une fois le traitement terminé. Par exemple, une patiente souffrant d’agoraphobie qui suit un programme de contrôle respiratoire, de restructuration cognitive et d’exposition progressive aux situations phobogènes, réduit sa crainte des symptômes de panique et surmonte son évitement dans de nombreuses situations. Cependant, elle rechute car sa timidité sociale (N4+) et son manque de confiance (A1-) l’empêchent de se risquer seule dans le monde. Elle manque de confiance en elle (C1-) pour prendre des décisions et n’arrive pas à gérer les relations conflictuelles, ses biens ou son temps. Elle préfère laisser son entourage décider pour elle. Elle est dépendante de son psychothérapeute et incapable de maintenir les bénéfices thérapeutiques durement obtenus.

Certains patients viennent en thérapie sans symptôme spécifique et expriment le sentiment de passer à côté de leur vie. Leurs problèmes sont diffus, vagues et sans facteur déclenchant net. D’autres, sont à la recherche d’une prise en charge pour des difficultés chroniques dans leurs relations interpersonnelles ou professionnelles et ne présentent aucun (ou trop de) symptôme significatif de l’Axe I. Les thérapies classiques buttent souvent sur ce genre de problématiques.

Il est communément supposé comme acquis que le patient est motivé pour entamer une prise en charge qui va réduire ses symptômes, développer ses habiletés, voire résoudre ses problèmes. Cependant, en cas de trouble de la personnalité, la motivation est peu présente, voire absente, et ces patients sont souvent réticents à adhérer aux propositions de traitements. Ils peuvent ne pas accomplir les tâches assignées et être davantage attirés par le réconfort obtenu auprès du psychothérapeute que par un travail psychothérapeutique qui pourrait leur venir en aide.

La plupart des patients présentant des troubles de la personnalité sont incapables d’accéder à leurs cognitions et émotions, et encore moins de les verbaliser. Ils sont généralement détachés de leurs émotions et bloquent les pensées et les images perturbantes. En mettant en œuvre des évitements cognitifs et affectifs, ils évitent l’introspection, les souvenirs pénibles et les émotions négatives. Ces stratégies d’adaptation font partie de leur personnalité et sont difficiles à modifier. Elles perturbent, voire empêchent, les prises en charge classiques qui proposent une modification radicale de leurs vérités absolues et de leurs représentations rigides.

Il est également généralement présupposé qu’il va s’établir, en quelques séances, une relation collaborative entre le client et le praticien. En fonction du type de thérapie, les obstacles rencontrés dans le cadre de la relation thérapeutique sont différemment pris en compte. Parfois, de telles difficultés sont vues comme des obstacles qui doivent être surmontés pour obtenir la compliance du patient. Or, les patients porteurs de troubles de la personnalité reflètent en thérapie les difficultés relationnelles qu’ils rencontrent en dehors de celle-ci. Par exemple, ceux présentant un fort sentiment de colère (N2+) et peu de confiance en autrui (A1-) vont se montrer hostiles et être incapables de collaborer avec le psychothérapeute.

Enfin, ces patients sont malheureux dans de nombreux domaines de leur vie (N3-) et depuis longtemps. Ils perçoivent leur vie comme vide de sens, ils sont incapables d’établir une relation amoureuse à long terme ou impuissants à s’épanouir dans leur vie professionnelle. Ces thèmes de vie sont malaisés à définir en tant que cibles concrètes de traitement.

L’objectif de la TBP développée ci-dessous est de surmonter, voire d’utiliser ces différents obstacles inhérents à la prise en charge des troubles de la personnalité ou de patients présentant un (ou plusieurs) trait de personnalité problématique.

Diagnostic du trouble de la personnalité

Le programme NEO Clin 120 (interface praticien) permet de faire un diagnostic sur l’Axe II et de mettre en évidence l’éventuelle présence d’un cluster (un groupe) individualisé de facettes liées au trouble de la personnalité du patient. Pour ce faire, en fin du rapport, le praticien trouvera une feuille reprenant les différents troubles de personnalité repris dans le DSM-V et une évaluation chiffrée de ces troubles[1]. Nous proposons de suivre une procédure similaire à celle présentée par Costa et Widiger (2002):

  • Etape 1: Une première alarme (« Plus de 70% ») avertit le praticien de la présence d’un score important à un des troubles de la personnalité repris au DSM-V. Il convient alors de faire un diagnostic spécifique selon les critères du DSM-V pour ce trouble de personnalité. Une deuxième alarme (« Plus de 40% ») indique que le patient a obtenu un score significatif pour un des troubles de la personnalité repris au DSM-V. Il faut alors les répertorier et passer à l’étape suivante.
  • Etape 2: Introduire les codes (AVD, NAR, SZT, SZD, HST, OBC, ATS, DEP ou BDL) correspondant aux troubles de la personnalité dans la feuille « Axe II » du programme NEO Clin 120 (interface praticien). Pour chaque trouble introduit apparaissent les facettes impliquées. Il faut alors rechercher, dans les scores « Très élevés et Très bas », voire « Elevés » et « Bas », les facettes communes aux différents troubles de personnalité. Des hypothèses peuvent alors être faites quant à des groupes (clusters) de facettes représentant le noyau rigide du trouble de personnalité de ce patient.
  • Etape 3: Identifier les difficultés et les problèmes pouvant être associés à chaque trait de ce cluster. Déterminer la dynamique qui pourrait lier ces différents traits aux problématiques présentées par le client.
  • Etape 4: Lors de la restitution, déterminer si ces hypothèses sont cliniquement significatives. Dans l’affirmative, mettre en œuvre une prise en charge de ce trouble de personnalité spécifique à ce patient.

Cette procédure originale permet de mettre en évidence la structure de base (le cluster de traits rigidifiés) du trouble de la personnalité de ce patient, et de lui seul. A partir de cette évaluation différenciée et précise, une thérapie adaptée et individualisée peut être entreprise.

2. TBP appliquée à un trouble de la personnalité

Cette prise en charge se déroule sur plus de six mois et comporte minimum vingt séances d’une heure réalisées par un seul psychothérapeute. Une vingtaine de séances peuvent suffire, s’il s’agit d’adapter un trait à une situation particulière plutôt que de le modifier complètement ou de prendre en compte une dynamique problématique de plusieurs traits. Le psychothérapeute emploie des techniques cognitives, comportementales, émotionnelles et interpersonnelles pour travailler sur les traits de personnalité.

Etablir une relation thérapeutique propice au travail psychothérapeutique sur les traits de personnalité

Les troubles de personnalité engendrent souvent chez le psychothérapeute des sentiments de découragement, d’impatience, d’exaspération, voire d’hostilité envers le patient. Ces réactions mettent en péril la prise en charge. Les résultats de cette dernière seront directement conditionnés par les compétences personnelles du praticien dans la gestion de ses émotions et dans la mise en œuvre de la psychothérapie. Un contrat thérapeutique initial et un programme psychothérapeutique méthodique permettent aussi bien au thérapeute qu’au patient d’augmenter son sentiment de contrôle, de contenir les états de crise et de ne pas se laisser emporter par les péripéties quotidiennes liées à ce type de pathologie.

La prise en charge des troubles de personnalité est caractérisée par l’importance des interactions patient-thérapeute. Celles-ci sont déterminées par la problématique relationnelle propre à chaque patient qui transpose en séance son style relationnel, émanation de ses traits de personnalité. Les méthodes interpersonnelles sont liées à cette relation thérapeutique. Cette dernière est en permanence observée afin de mettre en évidence l’expression d’un trait en séance. L’expression émotionnelle en séance peut indiquer qu’un trait se manifeste et constitue une opportunité de le concrétiser, de l’étudiée et de le remettre en question. La relation thérapeutique peut ainsi devenir un ingrédient actif du traitement et non plus un obstacle.

L’utilisation d’un langage clair, l’explicitation détaillée des interventions psychothérapeutiques et la reconnaissance par le psychothérapeute de la difficulté du changement pour le patient sont nécessaires au succès de la prise en charge. Tout au long de cette dernière, les changements dans la relation seront utilisés pour souligner l’activation et la modification des traits de personnalité travaillés. L’empathie du thérapeute est importante, mais il est essentiel d’établir des limites professionnelles et de pouvoir s’extraire de la relation pour en faire un objet de communication dès que le cadre thérapeutique préétabli est mis à mal.

L’établissement d’une alliance thérapeutique basée sur la confiance est essentiel et dépendra fortement de la personnalité du client. Elle sera précaire chez des patients présentant des scores faibles en Agréabilité et plus aisée chez ceux présentant des scores élevés dans ce domaine. Cette relation dépendra également du profil de personnalité du praticien. La comparaison des profils du psychothérapeute et du patient permet d’anticiper les difficultés relationnelles qui pourraient engendrer une rupture d’alliance.

2.1 Mise en œuvre des séances

 Le patient et le psychothérapeute fonctionnent selon un mode collaborant, comme deux spécialistes (l’un de lui-même et l’autre de la problématique et de la procédure psychothérapeutique) travaillant sur la synthèse issue du travail en commun de restitution des résultats au NEO Clin 120. Le psychothérapeute cherche à amener le patient à (ré)évaluer ses traits de personnalité problématiques sur un continuum et ainsi à les mettre en question, tout en maintenant le contrôle émotionnel sur la séance. Pour limiter les problèmes relationnels, la séance se déroule selon une structure formalisée en différentes étapes (Cottraux, 2004) :

  • Evaluation des tâches cognitives et des expériences comportementales prévues lors de la dernière séance.
  • Agenda de séance : choix par le patient d’un thème en rapport avec un trait de personnalité mis en évidence lors de la restitution.
  • Récapitulations fréquentes par le thérapeute.
  • Techniques cognitives, émotionnelles, interpersonnelles et comportementales pour modifier les traits.
  • Résumé de séance effectué par le patient.
  • Appréciation critique des interventions du thérapeute.
  • Elaboration commune des problèmes relationnels.
  • Discussion des programmes des tâches cognitives et des expériences comportementales.
  • Agenda de la prochaine séance fixé en fonction des résultats de cette séance : thème à aborder en priorité.

 2.2 Techniques utilisées

 Des techniques habituelles (questionnement socratique, jeu de rôle, restructuration cognitive, modification des postulats par résolution de problème, tâches concrètes à réaliser dans la réalité pour modifier les comportements, développement d’habilités, …) peuvent être mises en œuvre. Comme ces traits de personnalités sont rigides, il faut répéter inlassablement ces méthodes pendant toute la prise en charge afin d’obtenir un résultat. Sur base du matériel obtenu lors de la restitution des résultats au NEO Clin 120, diverses techniques seront utilisées:

  • Méthode du continuum des traits de personnalité

C’est la méthode la plus efficace dans la thérapie cognitive pour modifier les traits de personnalité. Les facettes du FFM, de par leur présentation en forme de continuum, se prêtent aisément à ce travail. Les deux pôles des traits impliqués peuvent être explicités au patient, les avantages et désavantages de chacun sont discutés et les distorsions cognitives relevées (inférence arbitraire, surgénéralisation, pensée dichotomique, …). Les règles personnelles sont concrétisées, comparées aux pôles du continuum et l’éventuel caractère abusif mis en évidence.

  • Restructuration cognitive

La « découverte guidée » (« guided discovery » de Beck), lors de la restitution, à travers les traits de personnalités du patient permet de rester au plus près de ses problèmes et de découvrir leurs spécificités. Elle laisse au patient la possibilité de se découvrir sans se sentir juger et d’identifier d’éventuelles cognitions comme dysfonctionnelles et modifiables. Les restructurations cognitives auront pour but de permettre au patient d’utiliser son système de contrôle conscient pour contrecarrer l’expression rigide et automatique de traits de personnalité. Il sera aussi amené à réinterpréter les situations activatrices d’une manière incompatible avec ce trait de personnalité problématique. Le patient prend ainsi conscience de ces cognitions dysfonctionnelles dans des situations particulières et parce qu’il les déclenche de manière rigide. Ces cognitions ne sont pas intrinsèquement mauvaises, mais juste inadaptées à la situation en engendrant des interprétations erronées et source de souffrance. Ainsi, penser qu’une personne qui ne vous salue pas ne vous aime pas n’est pas forcément illogique en soi, mais inadapté quand cela s’applique à un étranger croisé dans la rue.

  • Etablissement  d’arguments pour et contre

Le client a accumulé des faits au cours de sa vie qui soutiennent une perception de soi-même liée à un trait rigidifié. Ces faits qui ne sont jamais remis en question, peuvent être passés en revue. Par exemple, un manque de confiance en autrui (C1-) peut faire l’objet d’une mise en évidence d’événements qui sont à l’origine de ce trait de personnalité. Si la croyance liée à cette facette repose parfois sur quelques incidents ou situations, elle peut aussi provenir de situations qui la légitimisent, même si elle est devenue dysfonctionnelle. La discussion socratique peut aussi être utilisée et permettre d’évaluer les avantages et les désavantages de maintenir l’expression actuelle d’un trait de personnalité, de proposer des alternatives et d’en examiner « le pour et le contre actuels » du maintien.

  • Prise en compte d’argumentations contraires

La discussion socratique permet de concrétiser le trait rigide et d’envisager les arguments pour et contre celui-ci. Une fois ceux-ci déterminés, leur absence de prise en considération, à cause de biais cognitifs ou de préjugés, est mise en évidence. Après modification du trait, le psychothérapeute peut vérifier le résultat obtenu en jouant l’avocat du diable, en prenant le rôle du trait concerné. Le patient doit défendre ses nouvelles perceptions, plus équilibrées et plus saines.

  • Mise à l’épreuve du trait de personnalité à travers la vie du patient

Il s’agit d’évaluer la présence du trait de personnalité en examinant, étape par étape, toute la vie du client. Cette méthode permet de mettre en évidence la fréquence et la durée d’expression du trait à travers les différentes périodes significatives du patient. L’étude des scénarios de vie permet de préciser, à travers l’histoire personnelle du patient, la nature de ses relations familiales, amicales et professionnelles, et éventuellement de faire le lien avec des événements marquants, voire traumatiques. Le praticien détermine ainsi les expériences personnelles qui ont façonné les croyances du patient vis-à-vis de lui-même, des autres et de son avenir.

  • Résolution de problèmes

La difficulté à résoudre les problèmes est une des caractéristiques des troubles de la personnalité. Ces patients présentent fréquemment un déficit dans la gestion de la réalité et une absence de pensée logique ou opérationnelle. La résolution, en séance, de problèmes concrets (mis en évidence pendant la restitution des résultats au NEO Clin 120) sera prolongée dans leur vie quotidienne.

  • Modification de communications dysfonctionnelles

Les communications dysfonctionnelles (agressives, négatives, aversives ou persécutrices) constituent une autre caractéristique des patients présentant un trouble de la personnalité. Elles peuvent être modifiées par l’apprentissage de l’affirmation de soi au moyen de jeux de rôle avec feed-back, de jeux renversés et de modèles comportementaux à reproduire dans la vie quotidienne. Le recours à la vidéo facilite la prise de conscience des dysfonctions communicationnelles verbales et non verbales.

  • Relativisation des responsabilités personnelles

Il peut s’avérer nécessaire d’effectuer une réattribution de responsabilité pour toutes les difficultés vécues. Cette relativisation  peut se réaliser en établissant des pourcentages représentés sous la forme d’un « camembert » statistique ou par des jeux de rôle avec interversion répétée des rôles.

  • Concrétisation de l’élément « personnalité » dans la théorie holistique[2]

Souvent la personnalité du patient est représentée de manière très vague (« personnalité difficile », …) ou par le biais d’un (voire plusieurs) trouble de la personnalité repris dans le DSM. Les facettes mises en évidence pour constituer le trouble de la personnalité du patient peuvent être reprises dans la théorie holistique et ainsi l’enrichir.

3. Élaboration et utilisation d’une synthèse (ou théorie holistique) par le praticien et son patient

 

4. TBP appliquée aux thérapies de couple

« Il ne faut jamais se hâter de juger les caractères. » Alain

Pour les spécialistes des Thérapies de Couple Soutenues par les Preuves (TCSP), le rôle de la personnalité des partenaires et des interactions, en mode similaire ou complémentaire, de ces deux personnalités, joue un rôle essentiel dans la vie du couple et dans le développement de conflits menant à la séparation ou au mal-être du couple (chapitre 2 de « Couples en difficultés : accepter les différences » par Christensen & Jacobson / « Manuel clinique des psychothérapies de couple » par Wright, Lussier & Sabourin / chapitre 3 de « Thérapies cognitivo-comportementales pour les couples et les familles » par Dattilio).

« Le caractère déterminant des variables personologiques est maintenant reconnu par les psychothérapeutes de couple d’allégeances diverses : cognitive-comportementale, humaniste, systémique et psychodynamique. Les conceptions structurales de la personnalité diffèrent cependant d’une école à l’autre. Ces facteurs de vulnérabilité persistants (Bradbury, Fincham et Beach, 2000) se répercutent négativement sur l’intimité de plusieurs façons. Premièrement, ils imposent une limite directe au degré de satisfaction conjugale éprouvé. Deuxièmement, ils augmentent la réactivité émotionnelle aux évènements biographiques perturbateurs qui jalonnent la vie des conjoints. Enfin, troisièmement, ils contribuent au développement de patrons d’interaction dysfonctionnels. »

 « On ne peut juger des choses que l’on ne connaît pas. » Platon

 « Le rôle central des conduites d’attachement et des traits de personnalité des conjoints dans la prédiction de la qualité et de la dissolution conjugale est maintenant bien documenté par des études longitudinales prospectives rigoureuses (Karney et Bradbury, 1995) plus spécifiquement, ces-recherches montrent l’importance des facteurs de personnalité lors des situations conflictuelles les plus communes, c’est-à-dire lors des discussions sur les manifestations et le degré d’intimité souhaité au sein de la relation et lors des échanges sur la thématique du contrôle ou du pouvoir au sein du couple. Les premiers concepteurs de la PCCC traitent généralement tous les couples sur un pied d’égalité, sans tenir compte des préférences de chacun sur les plans de l’attachement ou de l’exercice du pouvoir. Cette situation prévaut même si certains conjoints préfèrent un degré élevé d’intimité alors que d’autres souhaitent visiblement plus de distance. De même, certains insistent pour un partage équitable du pouvoir et d’autres sont à l’aise dans des situations à forte asymétrie (par exemple, un patron dominant/dominé). Les recherches fondamentales dans le domaine de la personnalité et de l’attachement chez l’adulte ainsi que l’expérience clinique ont mené à un enrichissement du modèle traditionnel de la PCCC (Epstein et Baucom, 2002). Ainsi, le spécialiste en PCCC évalue maintenant systématiquement les appariements des besoins ou des styles d’attachement ainsi que le jumelage des traits de personnalité ».

« Les femmes sont faites pour être aimées, non pour être comprises. » Oscar Wilde

 « …une conception structurale de la personnalité en cinq traits, dimensions ou facteurs. Ces dimensions ont des fondements génétiques, une validité transculturelle, des référents précis dans le tempérament de jeunes enfants et une stabilité temporelle élevée. Deuxièmement, et d’un point de vue clinique, il semble de plus en plus clair que les symptômes d’un trouble de la personnalité ne constituent en fait que des variations maladaptées des traits normaux de la personnalité (Widiger et Trull, 2007).L’adoption d’une conception intégrative multidimensionnelle des troubles de la personnalité règlerait un grand nombre de problèmes posés par la notion de troubles catégoriels de la personnalité en usage dans le DSM-IV: cooccurrence excessive des divers troubles, recours abusif à la catégorie de trouble non spécifié, démarcation arbitraire vis-à-vis du fonctionnement normal, forte hétérogénéité chez les personnes souffrant d’un même trouble, etc. D’ailleurs, plusieurs soutiennent que, dans la prochaine version du DSM, les troubles de la personnalité devraient être abordés sous l’angle du modèle en cinq facteurs. I1 s’agirait là d’une étape décisive vers un rapprochement entre la psychiatrie et la psychologie (Clark,2007 ; Widiger et Tiull, 2007).

En psychothérapie de couple, l’utilisation de la nomenclature issue du modèle de la personnalité en cinq facteurs limiterait les effets négatifs de la stigmatisation associée au diagnostic de trouble de la personnalité. Plusieurs cliniciens évitent en effet d’identifier les troubles de personnalité des conjoints pour éviter de s’enfermer dans une vision psychiatrique et pathologique de la relation. Le recours à un modèle conceptuel qui prend en compte aussi bien les traits normaux que les variantes extrêmes de la personnalité peut réduire les craintes des intervenants. Le modèle en cinq facteurs ne nécessite pas non plus l’adhésion à une vision cognitive-comportementale, humaniste ou psychodynamique de la personnalité. Cette caractéristique réduit les risques de polarisation théorique et clinique autour d’une approche. Enfin, cette catégorisation jette aussi les bases d’une étude scientifique et clinique des patrons de jumelage de la personnalité des conjoints. Le travail clinique auprès des couples aboutit presque toujours à un questionnement de la compatibilité des conjoints sur le plan des valeurs, des styles cognitifs, et des modes de régulation des affects. La notion de personnalité introduit un concept organisateur aidant à mieux saisir la complémentarité des conjoints sur les plans affectifs, cognitifs et comportementaux. L’examen de ces divers appariements et des déterminants personologiques probables de ces jumelages fournit des pistes de compréhension des cycles négatifs d’interaction. » Wright &Co

 « Le mariage est une affaire de choix d’une femme avec laquelle on est incompatible » Evan Scar

 Au début d’une relation, les partenaires ne pensent pas aux différences qui pourraient être « incompatibles ». La période de la rencontre amoureuse pousse à vivre un maximum de moments heureux ensemble et minimise les possibilités de conflit. Nous nous présentons sous notre meilleur jour, l’important est de faire bonne impression et de séduire … Souvent en masquant des traits de personnalités marqués, voire problématiques. C’est seulement après avoir passé plus de temps ensemble, après avoir vécu dans des circonstances différentes avec l’autre, que les incompatibilités voient le jour. Lorsque nos personnalités apparaissent au grand jour, nos habitudes se révèlent, notre singularité s’exprime de toute sa force. S’il est un lieu où les traits de personnalité s’expriment complètement et sans aucune contrainte environnementale ou sociale, c’est bien dans l’intimité du couple. Aucun spécialiste des TCSP ne prend pratiquement en charge ces patterns de personnalité incompatibles et/ou toxiques. Au mieux, ils les envisagent comme devant faire l’objet d’un travail d’acceptation de la part du couple. Or, il est possible de travailler sur ces patterns pour en modifier la perception, mais également l’éventuelle expression problématique.

« Jacobson et Christensen (1996) suggèrent le recours à un deuxième groupe de stratégies axées sur l’accroissement de la réponse d’acceptation émotionnelle et sur l’augmentation de la capacité de tolérance de chacun. Ces stratégies se fondent sur la prémisse qu’il peut être aidant de concevoir que certains aspects des traits de personnalité et des comportements d’autrui qui causent de la souffrance et de la peine sont extrêmement difficiles à changer et qu’ils sont quasi inévitables. » Wright &Co

« Juger autrui, c’est comparer. » Henri-Frédéric Amiel (Journal intime, 1866)

Envisager les différences plutôt que les défauts, se concentrer sur les incompatibilités, plutôt que sur les fautes de l’un ou l’autre. Similarité ou complémentarité ?

« Les experts se sont souvent efforcés de déterminer quel est l’appariement optimal des traits de personnalité. Sur ce terrain, les théoriciens de la similitude et de la complémentarité se sont affrontés à de multiples reprises. Les premiers soutiennent que plus les conjoints partagent des traits similaires, plus ils sont attirés l’un par l’autre et sont aptes à l’intimité. La recherche de similarité vise à créer un environnement interpersonnel qui renforce les caractéristiques personnelles de l’individu et la stabilité interpersonnelle (Caspi et a1.,2005). Les seconds estiment que la complémentarité des traits et des besoins constitue un puissant facteur d’attraction et qu’elle conduit à une plus grande harmonie. Bien que les données empiriques appuient l’hypothèse de la similitude, en clinique, il semble que ce soit le nombre de traits de personnalité dysfonctionnels qui soit associé à une plus forte diminution de l’intimité. La similitude des conjoints sur des traits de personnalité qui nuisent à l’intimité ne comporte aucun avantage relationnel observable. En effet, le pairage de deux individus affichant tous les deux des taux élevés de névrosisme ou des tendances à l’introversion, à la négligence et à l’antagonisme ne mène certainement pas à une plus grande qualité et stabilité de la relation de couple. Ce type de similitude de traits associés à des dysfonctions interpersonnelles (faible amabilité, introversion), à des problèmes de régulation des émotions (névrosisme) ou à un contrôle maladapté des impulsions (propension trop élevée ou trop faible à être consciencieux) n’engendre donc probablement pas une compatibilité positive des conjoints. De même, la complémentarité des traits dysfonctionnels est aussi associée à des combinaisons hautement pathologiques : couples borderline-narcissique, hystérique-obsessionnel et sadique-masochiste. » Wright &Co

Les ressemblances sont probablement plus déterminantes que les différences au moment de choisir son futur conjoint. La recherche indique un certain déterminisme social et culturel dans le choix du partenaire, les critères habituels sont l’âge, le milieu et les valeurs, qui fournissent un terrain d’entente sur lequel faire connaissance. De plus, les ressemblances engendrent les ressemblances et des activités en commun. Trop de similarités peut être source de conflits, mais probablement moins que les différences. Des conflits en similarité peuvent surgir quand un des partenaires ne peut pas exprimer à sa manière son intérêt semblable. Alors que la complémentarité des traits et des besoins serait un facteur essentiel d’attraction et d’harmonie, la similarité des traits engendrerait plus d’intimité et un environnement renforçant les caractéristiques personnelles et la stabilité de la personnalité. Les problèmes relationnels naissent d’incompatibilités de traits de personnalités. L’être humain recherche plutôt des partenaires qui lui soient semblables en beaucoup de points, mais aussi des partenaires qui sont différents. Il est impossible de trouver un clone pour partenaire et un tel couple serait probablement malheureux. Il est également impossible de trouver le partenaire idéal en termes de similarité ou de complémentarité sur tous les traits de personnalité. Inévitablement, un partenaire aura des différences ou des ressemblances avec l’autre qui poseront problèmes. Si ces incompatibilités (en similitude ou en complémentarité) sont trop fortes, il est plus que probable que la relation prendra fin. Cependant, l’intimité d’un couple n’engendre pas uniquement des incompatibilités, elle permet d’être plus à l’aise ensemble et de se sentir plus proche l’un de l’autre à mesure que nous partageons nos vies. La vie de couple est un équilibre complexe entre le positif et le négatif. Il est préférable de s’engager dans une vie de couple lorsque les attirances semblent fortes et les incompatibilités gérables. Mais en amour comme dans la vie, les choses changent et évoluent. L’attirance peut s’émousser et des incompatibilités gênantes voir le jour.

« Avant de juger un autre avec sévérité, avant de t’irriter contre ses défauts, de te révolter contre ce qu’il vient de dire ou de faire, ne crains point de faire un retour sur tes propres fautes ; interroge ta raison ; écoute surtout la bonté naturelle que tu trouveras au fond de ton cœur. » Nicolas de Condorcet (Conseils à sa fille, 1794)

Il est étonnant d’observer chez les couples le manque de connaissance de la personnalité de l’autre conjoint et surtout des croyances développées sur la source de l’expression d’un trait de personnalité. Mettre en évidence les traits de personnalité de chaque partenaire et en faire la comparaison est essentiel pour pouvoir accepter l’autre tel qu’il est, mais aussi accepter de modifier l’expression d’un trait de personnalité problématique pour le conjoint. Les traits de personnalité d’hier et d’aujourd’hui ?

« Je chérirai toujours les idées fausses que j’avais à ton sujet au commencement » Anonyme

 Les différences de personnalité peuvent être attirantes. L’extraversion de l’un peut être attrayant pour l’une parce qu’elle est le contrepied de son propre calme. Si elle partageait sa vie avec quelqu’un d’aussi calme qu’elle, les échanges seraient des plus réduits. Des différences qui ont pu plaire au début, peuvent montrer par la suite leurs « désagréments » et mener au conflit. Par exemple, des opinions différentes en matière de religion, captivantes au début dans la conversation, peuvent poser de sérieux problèmes lorsque des décisions devront être prises sur le déroulement du mariage, le baptême de la fille ou la circoncision du garçon. Les traits de personnalités attirants au début de la relation peuvent devenir problématiques par la suite. Avec le temps, l’un trouve l’extraversion de l’autre irritant et ce dernier peut se sentir oppressé par le manque de « folie » du premier. Les mêmes différences qui attiraient au début peuvent devenir rédhibitoires ensuite. Il est inévitable que le partenaire choisi soit différent, et bien souvent ces différences seront par la suite des sources de griefs. Il faut alors déployer des stratégies actives de gestion de ces différences. Cependant, ces dernières sont difficiles à mettre en œuvre dans des situations de stress aigu ou chronique. De plus, la stabilité relativement grande des traits de personnalité chez l’adulte nécessite l’intervention d’un psychothérapeute apte à prendre en charge ces traits de personnalité problématiques.

Stress et personnalités du couple

Modèle de la dégradation de la relation de couple

Modèle de la dégradation de la relation de couple

 

Le stress externe amplifie les traits de personnalité problématiques, les différences entre les partenaires et réduit la tolérance mutuelle. Le risque de conflits et de divorce s’amplifie.

Famille et traits de personnalité

Au niveau de la famille, les traits de personnalité jouent aussi leur rôle. Selon Dattilio (Dattilio & Mehran, 2007) : « Tout en étant cohérente et compatible avec les théories systématiques, l’approche cognitivo-comportementale est basée sur l’hypothèse suivante : les membres d’une famille s’influencent simultanément les uns les autres et sont influencés par les pensées, les émotions et les comportements des uns et des autres ». En plus de l’intérêt d’appréhender les personnalités individuelles, il serait également utile d’examiner la « personnalité familiale « . Les traits familiaux sont partagés par chaque membre et engendrent des patterns comportementaux qui peuvent être associés à des émotions fortes. Ces traits familiaux peuvent aussi être rigides et devenir dysfonctionnels et inadaptés. Pour intervenir sur ces traits familiaux, la procédure suivante peut être suivie (inspiré librement de Dattillio & Mehran, 2007, pp. 144) :

  • Découvrir et identifier les traits familiaux
  • Retracer l’origine des traits familiaux
  • Faire prendre conscience du besoin de changement
  • Obtenir ou susciter la reconnaissance par rapport à un besoin de modifier un trait familial dysfonctionnel existant
  • Evaluer le niveau de compétence de la famille pour réaliser les changements
  • Mettre en œuvre des changements
  • Mettre en place de nouveaux comportements
  • Consolider les changements

Pourquoi examiner les profils des partenaires ?

L’examen des scores à l’inventaire de personnalité NEO Clin 120 est utile pour :

  • Présenter un profil multidimensionnel de la personnalité de chaque partenaire et qui peut expliquer les modes, parfois problématiques, d’adaptation aux stresseurs. Certains traits accentuent la réactivité émotionnelle aux problèmes de couple, d’autres intensifient les risques d’impulsivité comportementale ou renforcent une tendance au conflit.
  • Donner des éléments essentiels quant à l’appariement des conjoints sur les divers traits. Cela peut, quand les problèmes relationnels du couple sont indéchiffrables, permettre la formulation d’hypothèses à propos du pattern dysfonctionnel d’interaction.
  • Déterminer le rôle des facettes de personnalité dans le développement ou le maintien de problématique conjugale : par exemple, l’hypersensibilité émotionnelle de l’un peut parfois exacerber l’introversion excessive de l’autre.

« Ces incompatibilités fabriquent l’étoffe des disputes. Elles sont le contenu sur lequel nous nous engageons dans la lutte. Elles sont à l’origine des problèmes de couple que nous rencontrons. Et parce que ces différences et ces ressemblances qui conduisent à des incompatibilités sont souvent le résultat des influences de la génétique, de l’histoire et de l’environnement, elles ne sont pas faciles à changer. Lorsque nous sommes en situation de conflit avec nos partenaires, nous nous trouvons devant un dilemme composé d’incompatibilités troublantes qui peuvent ne pas être si faciles à transformer qu’on aimerait le croire. » Christensen & Jacobson

Quel impact sur le couple des cinq domaines de la personnalité ?

« Nous sommes, presque en tout, des juges injustes des actions des femmes, comme elles le sont aussi des nôtres. »Montaigne (Pensées diverses, 1580)

  • L’ouverture élevée se reflète sur l’expérience interne et aussi sur les relations personnelles et le comportement social, notamment par des attitudes peu conventionnelles. À des degrés élevés, elle peut engendrer des aberrations cognitives et perceptuelles (= + schizotypie). Une faible ouverture correspond à des personnes terre-à-terre et conventionnelles. Un des partenaires dans un des extrêmes de ce domaine ou deux partenaires très complémentaires peuvent engendrer des difficultés importantes pour le couple.
  • La conscience élevée concerne des individus organisés, compétents et au sens du devoir développé. Ils sont perfectionnistes, prudents, et ils visent l’excellence. Ils ont une bonne capacité d’autocontrôle qu’ils mettent au service de leur désir d’être approuvé socialement. En conséquence, un surinvestissement du travail et un désengagement des relations interpersonnelles sont fréquents. À l’autre extrême du continuum se retrouvent des personnes négligentes, insouciantes, indisciplinées et qui montrent de l’impulsivité. Ces dernières ne cherchent pas à faire bonne impression. Deux partenaires se situant aux extrêmes de ce domaine de personnalité forment une combinaison explosive. Ceci engendre des conflits répétitifs et stéréotypés qui réduisent fortement l’intimité. Chacun se forge une vision étroite et rigide du fonctionnement de l’autre.
  • L’extraversion se définit par une tendance à être chaleureux, grégaire, énergique et sociable. Elle se caractérise par le vécu de sentiments positifs et par la recherche de sensations fortes. En comparaison, les gens introvertis se décrivent et sont décrits comme froids, indifférents, distants, passifs, monotones et vaguement déprimés. L’extraversion est associée à des taux de satisfaction conjugale élevés. Cependant les couples aux extrêmes dans ce domaine sont souvent en souffrance.
  • L’agréabilité élevée s’exprime principalement par la gentillesse, la modestie, l’altruisme, la sensibilité et la confiance. Ce partenaire est facile à vivre et évite les conflits. Au contraire, une faible agréabilité s’exprime par de la fierté, de l’obstination et un esprit compétiteur qui peut mener à exprimer sa colère, voire être désagréable. Des gens aux extrêmes de ce continuum forment souvent un couple.
  • Le névrosisme fait référence à la propension à éprouver des émotions négatives. Plus la personne affiche des degrés élevés de névrosisme, plus le seuil de déclenchement d’une réponse émotive empreinte d’hostilité et d’anxiété est bas. De plus, ces affects négatifs, une fois déclenchés, persistent longtemps et ils ne se résorbent que lentement
  • Chez des partenaires instables émotionnellement, la fréquence et l’intensité des événements de vie perturbateurs sont élevées. Leur capacité de réflexion en période de stress est amoindrie et l’expression des émotions engendre leur intensification et mène parfois à l’escalade et à la désorganisation des interactions. Les efforts de communication sont alors contaminés par une mise en acte de l’hostilité.

« Le mari et la femme sont leurs propres juges. » Fiodor Dostoïevski (Les carnets du sous-sol, 1864)

Utilisation du programme NEO Clin 120 en thérapie de couple

Procédure :

6. Mettre en évidence et étudier (avec le couple) l’éventuelle implication de la personnalité dans la problématique du couple :

A. D’un trait (d’un des conjoints ou des deux) se situant en position « Très élevé » ou « Très bas ».
B. Des complémentarités élevées de traits dans le couple (plus de deux niveaux d’écart).

7. Mettre en œuvre une TBP appliquée au couple sur les éléments identifiés comme pertinents à l’étape précédente.

Exemple - comparaison couple

Exemple – comparaison couple

Bibliographie TBP appliquée à la thérapie de couple

http://adtccf.org/

  • F. Allard & P. Antoine. Le couple en thérapie comportementale, cognitive et émotionnelle. Elsevier Masson, Paris, 2018.
  • I. Nazare-Aga. Les manipulateurs et l’amour. Les Editions de l’Homme. Québec, 2014.
  • F. Fanget. Oser la vie à deux. Odile Jacob poches. Paris, 2013.
  • A. Christensen & N. Jacobson. Couples en difficultés : accepter ses différences. de boeck, Bruxelles, 2012.
  • F. Dattilio. Thérapies cognitivo-comportementales pour les couples et les familles. de boeck, Bruxelles, 2012.
  • F.-X. Poudat. Sexualité, couple et TCC. Les difficultés conjugales. Volume 1 & 2. Elsevier Masson, Paris, 2011.
  • F. Fanget. Oser la vie à deux. Odile Jacob, Paris, 2010. 
  • J. Wright, Y. Lussier & S. Sabourin. Manuel clinique des psychothérapies de couple. Presses de l’Université du Québec, Québec, 2008.
  • L. Charvoz. Empathie, couple et dépression. 2008
  • M.-F. Hirigoyen. Femme sous emprise. Les ressorts de la violence dans le couple. Pocket. Paris, 2006.
  • G. Bodenmann. Une vie de couple heureuse. Odile Jacob, Paris, 2003.
  • F. Bodenmann. Le dépistage du divorce. Saint-Augustin, 2003.
  • F. Lelord & C. André. La force des émotions. Odile Jacob poches, Paris, 2003.
  • G. Trudel. La baisse du désir sexuel. Masson, Paris, 2003.
  • F. Lelord & C. André. Comment gérer les personnalités difficiles. Odile Jacob poches, Paris, 2000.

5. Relation thérapeutique et FFM

Les personnalités du patient et du psychothérapeute peuvent jouer un rôle important dans le cours d’une psychothérapie. La personnalité du patient devrait jouer un rôle dans le choix et la planification des prises en charges en santé mentale. Ainsi, un individu ouvert aux expériences tirera davantage profit d’une prise en charge qui invite à explorer et à imaginer, tandis que celui peu désireux de vivre de nouvelles expériences bénéficiera plutôt de prises en charge plus directives et structurées. Le praticien en soins de santé mentale devrait adapter sa prise en charge à la personnalité (et à l’éventuel trouble de personnalité) de son patient, il peut ainsi faire du « sur mesure » et éviter le « prêt à porter » de pratiques thérapeutiques présentées comme des panacées et adaptées à tous les patients. L’utilité psychothérapeutique d’une évaluation complète et validée de la personnalité peut se retrouver en chaque domaine (Pull, 2006) :

    • Le Névrosisme influence l’intensité et la durée de la souffrance du patient.
    • L’Extraversion influence l’enthousiasme du patient pour la thérapie.
    • L’Ouverture influence les réactions du patient aux interventions du thérapeute.
    • L’Agréabilité influence les réactions du patient à la personne du thérapeute.
    • La Conscience influence la volonté de mener le travail

L’inventaire de personnalité NEO Clin 120 dresse un portrait descriptif complet de l’individu et se prête ainsi à de nombreuses applications en psychothérapie, dont celle d’anticiper le type de relation thérapeutique qui se développera entre le praticien et son patient.

[1] Cette évaluation chiffrée repose, entre autres, sur les profils prototypiques réalisés par Costa et Widiger (2002, Appendice C, pp. 461).

[2] La théorie holistique est une représentation temporelle et globale des relations entre les domaines problématiques du patient. Elle synthétise les connaissances et les hypothèses concernant le patient, ses problèmes et ses ressources.